Au concours du film le plus débile de l’histoire du cinéma, ils sont nombreux à viser la première place. On peut même dire que les efforts redoublent dans les comédies américaines de ces dernières années, particulièrement lorsque Ben Stiller est dans le coup.
Sur le papier, Mystery Men, réalisé en 1999 par le mystérieux Kinka Usher, semble viser le sommet de la pyramide. En effet, il prend le parti absurde de baser son histoire sur une bande de super-héros, absolument dénués de supers-pouvoirs. Le trio de tête avec son « fakir bleu » spécialisé dans le lancer de fourchettes, « La Pelle » qui, comme son nom l’indique, manie la pelle, dans un costume de mineur qui n’est pas sans évoquer les anciens ouvriers de Ladrecht, et enfin « Monsieur Furieux » dont le talent consiste essentiellement à se mettre en colère, constituent la plus belle bande de ratés qu’on ait vu depuis les trois Stooges.
Viendront s’ajouter à nos héros « L’Homme invisible », qui devient transparent seulement quand on ne le regarde pas, « Le Spleen », au physique repoussant, souligné par ses cheveux gras et son acné purulente, qui émet de redoutables flatulences lorsqu’on lui tire sur le doigt. Et la Bowleuse qui trimballe le crâne de son père, incrusté dans une boule de bowling, qu’elle manie avec brio.
A cet humour bas-du-front vient s’ajouter un second degré plus méchant qui brouille les pistes. Les « Mystery men », censés protéger les citoyens de Champion City, se ridiculisent à chacune de leurs interventions au profit de Captain Fantastique, un super-héros performant mais vénal, corrompu et bouffé par les sponsors.
On soulignera ici le soin apporté à la reconstitution de Champion City, à la réalisation qui imite les tics des films de super-héros en rasant les murs, abusant des travelling verticaux, ou multipliant les angles audacieux. Mais surtout, saluons un casting coloré qui rassemble dans un joyeux bordel Ben stiller, William Macy, Hank Azaria, Claire Forlani, ou encore Tom Waits, le chanteur, dans le rôle du Dr Heller, créateur d’armes inoffensives, telle la mitraillette à colle, ou la tornade en conserve !
Impossible non plus de passer sous silence la scène de recrutement, où une série de super-héros minables défilent devant nos yeux ébahis, tel « La Gaufre », un homme dont le bras est prolongé par un gaufrier dont on cherche encore l’utilité. Même salade du côté des supers-vilains, où s’illustrent, par exemple, le groupe terrifiant des « Etudiants en liberté conditionnelle pour bizutage fatal »…
Malgré les vannes pourries, le déroulement prévisible de l’histoire, et certains effets particulièrement foireux, on aime Mystery Men parce qu’il prend le parti des ratés, à l’image du « Docteur Furieux », finalement drôle et attachant à force de louper toutes ses réparties cinglantes.
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Mystery Men : DVD chez Universal Pictures (se trouve à 2,99 €)
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