
En 2004, au cours d’un repas fort arrosé, quelques grands noms du cinéma fantastique ont eu l’excellente idée de s’autoproclamer « Masters of horror », et de lancer à la télévision une collection du même nom. Une collection de téléfilms d’une heure qui relancerait la tradition des grandes séries du passé, telles La 4ème dimension ou Alfred Hitchcock présente…
A la surprise générale, le projet se concrétisa et une chaîne américaine eut le cran de diffuser les cauchemars de Dario Argento, John Landis, Larry Cohen, Don Coscarelli, que du beau monde ! Mais les grands moments de cette première saison furent, sans conteste, les deux petites perles livrées par maître John Carpenter, La Fin absolue du monde, et le très gonflé Vote ou crève de Joe Dante.
Ce dernier démarre comme un film de morts-vivants classique, au moment où un couple se retrouve encerclé sur la route par une armée de zombies … S’ensuit un flash back dans lequel on découvre que les zombies sont en fait des soldats américains tombés en Irak, qui reviennent chez eux dans le seul but de voter aux prochaines élections. Plus fort encore, ce qui déclenche leur résurrection n’est qu’une petite phrase, prononcée par un politicien cynique (excusez le pléonasme), qui tente de faire pleurer le spectateur-votant au cours d’un débat télévisé.
A partir de là, tout n’est que jubilation, ironie, férocité, pied-de-nez et humour noir. Le réalisateur des Gremlins et de Panique sur Florida Beach (que nous chroniquerons dès que quelqu’un aura la bonne idée de l’éditer en DVD) réussit là un vrai film politique qui attaque l’actualité de front sans jamais oublier les codes du film d’horreur, dans lesquels il puise une inspiration de chaque instant.
Vote ou crève, dont le titre original est Homecoming, c’est-à-dire Retour au bercail, s’assume comme un véritable pamphlet, mais n’oublie ni d’être drôle, ni de faire peur. Particulièrement lorsque les cercueils rapatriés par l’armée perdent leurs couvercles, et que des zombies en treillis viennent entacher de sang le drapeau américain.
Plus honnête que Michael Moore dans sa démarche, Joe Dante signe là un film osé et plein de sève, ou subversion, gore et sexualité font bon ménage. On se prend alors à rêver qu’un jour, en France, on arrêtera Julie Lescault pour produire ce genre de brûlots. En attendant, précipitez-vous sur l’édition DVD, pour le plaisir de découvrir l’actrice Thea Gill dans l’un des plus beaux rôles de garce que la télé nous ait jamais offert !
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