Croyez-le ou non, mais Eddy Murphy, avant de discuter avec des animaux, de se déguiser en professeur obèse, et de doubler l’âne de Shrek, a eu une carrière d’acteur !
Les plus âgés d’entre-vous se souviennent certainement du Flic de Beverly Hills, immense succès des golden eighties. Ceux qui sont fidèles à cette émission se souviennent d’Un fauteuil pour deux de John Landis, évoqué pour la « spéciale noël » et, j’espère, ont oublié Un prince à New York, qui n’est certes pas le meilleur film de ce même John Landis…
Mais qui se souvient de 48 heures, réalisé en 1983 par Walter Hill ?
48 heures, prototype parfait de ce qu’on appelle un « Buddy Movie », expression qui se traduit littéralement par « film de potes » mais qui signifie en réalité : « film de tandem explosif ». Car c’est bien de ça qu’il s’agit, quand le scénario décide de rassembler un flic rugueux et un taulard fantaisiste pour les besoins d’une enquête. Le canevas est hyper galvaudé mais c’est peut-être ce film là qui en est responsable. Le mélange d’action virile, de polar urbain, et de comédie décalée fonctionne tellement qu’on en vit découler quelques dizaines de copies plus ou moins heureuses. A commencer par L’Arme fatale, de Richard Donner, quatre ans plus tard, et jusqu’à 16 blocs, réalisé en 2006 par Richard Donner, avec Bruce Willis et Mos Def qui sont bien sympathiques mais ne tiennent pas toujours la comparaison avec les originaux. Il faut dire que dans 48 heures, le public français découvrait Eddy Murphy et Nick Nolte, un casting parfaitement au diapason d’une réalisation nerveuse et précise, dans laquelle les notes d’humour sont juste un moyen de reprendre son souffle.
16 blocs reprend évidemment l’impossible réunion d’un flic taciturne blanc et d’un prisonnier noir plein de gouaille. Mais il emprunte aussi à l’original ce compte à rebours oppressant, et cette masse anonyme de la ville qui menace en permanence ce tandem que tout oppose.
Sauf que, si le dernier est un sympathique film d’action, l’original s’impose comme le mètre étalon du genre. Walter Hill, le réalisateur, était alors au sommet de sa forme. 48 heures arrive dans sa filmographie après Warriors, Les guerriers de la nuit, dans lequel une guerre entre gangs rivaux transforme New York en terrain de chasse à l’homme, et Sans Retour, dans lequel des militaires en exercice dans le bayou de Lousianne se font dégommer un par un, et c’est bien fait pour eux !
Avec ces trois films d’affilée, Walter Hill posait les bases d’un cinéma de genre brutal et poisseux qu’on regrette un peu aujourd’hui qu’il est devenu lisse et prévisible.
Et puis, il y a l’hilarante scène du walkman, dans laquelle on entend Eddy Murphy s’époumoner à massacrer « Roxane », le tube de Police. Le genre de détail qui vous réconcilie d’un coup avec les années 80.
A moins de six euros, nous ne saurions trop vous encourager à vous procurer cette pierre angulaire de toute DVDthèque de série B, et, pour faire de la place, à jeter toutes les pales copies que 48 heures a engendrées depuis !
48 Heures : dvd chez Paramount, 5,98€ à peu près
Pas encore de commentaires
Pas encore de commentaire.
Syndication RSS Identifiant URI du trackback
Laisser un commentaire



