C’est avec une joie non contenue que je découvrais un jour de soldes, parmi les navets bradés par un gros site de e-commerce, un film qui fait l’objet d’un culte indéfectible, non seulement chez moi, mais dans une bonne partie de ma famille. Car voyez-vous, il y a Godard, Bergman, Welles et Kurosawa et, tout à l’autre bout de la chaîne, il y a Caveman, L’Homme des cavernes, réalisé par Carl Gottlieb.
Si ce Gottlieb-là n’est pas de la famille du dessinateur de BD bien connu, il partage avec son homonyme un goût prononcé pour les gags les plus énormes, les situations les plus délirantes et les rapprochements les plus osés.
L’Homme des Cavernes est une comédie sur la préhistoire, un remake déguisé d’Un Million d’années avant JC, gros succès produit par la Hammer qui utilisait le prétexte de raconter le Néanderthal pour montrer des actrices aussi troublante que Raquel Welch et Martine Beswick en bikinis de fourrure.
Avec le recul, L’Homme des cavernes vieillit largement mieux que l’original. Car, clamons-le haut et fort, L’Homme des cavernes est une comédie gigantesque, aussi imposante que cet œuf de ptérodactyle qui vient s’éclater sur un volcan, à la surface duquel il deviendra un oeuf au plat géant dont se régaleront les protagonistes.
L’Homme des cavernes, le film à côté duquel La Guerre du feu ressemble à un documentaire, et dont les effets spéciaux plus qu’approximatifs n’empêchent pas les Tyrannosaures de poursuivre les héros, au premier rang desquels figure la première surprise du film, l’acteur principal : Ringo Starr, le batteur des Beatles. Un jour, il faudra étudier la carrière cinématographique de cet homme, qui figure également dans Blindman, western italien dont le héros aveugle transporte un convoi de prostituées et tire au pistolet avec une grande précision malgré son handicap. Mais c’est une autre histoire.
Là, Ringo Starr joue Atouk, petit guerrier de la tribu qui convoite la splendide Lana, interprétée par Barbara Bach, à l’époque épouse du Beatles, et sirène irrésistible de cet autre film culte : Le Continent des hommes poissons. Mais c’est une autre histoire !
Comme la brute Tonda repousse le faible Atouk, ce dernier s’échappe et rencontre sur son chemin Dennis Quaid, à l’époque débutant inconnu, et Zéro Mostel, comique oublié qui joue dans cet autre film culte : Le Forum en folie. Mais c’est une autre histoire !
Quand je vous aurais dit que la musique du film est signée de l’immense Lalo Schifrin à qui on doit entre autre le générique de cette émission, et que le réalisateur Carl Gottlieb est aussi scénariste des Dents de la mer, vous n’aurez pas une idée plus précise du film.
Inutile de raconter ici cet enchaînements de gags débiles mais hilarants qui verra Atouk découvrir, entre autres, le feu, la roue, la musique, l’œuf au plat donc, et même le langage, même s’il préfèrera repousser son utilisation à plus tard !
L’Homme des cavernes est le Jurassic Park de la gaudriole, une production fauchée et injustement oubliée, dont les décors en carton pâtes, les trucages approximatifs, et les créatures grotesques renforcent l’humour irrésistible.
Du cinéma qui ne figure dans aucun ouvrage sérieux mais qui devrait honorer toute DVDthèque de bon vivant.
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L’Homme des cavernes est sorti chez MGM Home Video. Il est disponible en supermarché et sur des sites de discount internet a un prix qui fait rigoler.
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