Augustin

AUGUSTIN (1994)

Alors que sort sur les écrans son dernier film : Coco avant Channel, qui sera suivi de Coco pendant Channel, Coco après Channel, puis de Zombie Channel, le retour du fils de la revanche de Coco la survivante, je ne saurais trop vous conseiller de vous procurer à vil prix l’un des premiers longs métrages d’Anne Fontaine, sorti en 1995 : Augustin.
Long métrage, le mot est d’ailleurs à prendre avec des pincettes puisque le film dure 1h01, une concision qui l’honore et suffit à nous présenter un personnage hors du commun, qui ferait passer Rain man et Forrest Gump pour des modèles d’intégration sociale. Hors norme et pas tout à fait sympathique, Augustin est capable de dénoncer ses collègues de bureau à son supérieur hiérarchique, mais aussi d’expliquer à Thierry Lhermitte, qui interprète ici son propre rôle, comment il faut jouer la comédie. Habillé comme un vieux garçon, Augustin a peu d’ami, si ce n’est ce vieil homo solitaire, qui le fait répéter, et le draguouille lamentablement. Un peu pleutre et calculateur, Augustin a constaté qu’au bureau, il valait mieux qu’il change d’étage pour aller s’éclipser aux toilettes, afin de répéter son texte en toute tranquillité.
Il faut avant tout souligner la performance de Jean-Chrétien Sibertin-Blanc, frère de la réalisatrice et incarnation de ce personnage sans égal qui reviendra en 1999 dans Augustin roi du kung fu. On le découvrira soudain passionné par les arts martiaux, s’aventurant dans le “Chinatown” de l’Est de Paris où il tombera amoureux d’une acupunctrice chinoise, et se fera draguer, à nouveau par un homme, incarné cette fois par un étonnant Darry Cowl.
Moins surprenant et moins réussi que le premier opus, ce deuxième volet achèvera malheureusement les aventures d’Augustin. Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un extrait d’une critique incendiaire rédigée par un internaute à propos du premier Augustin :

« Un navet absolu! J’ai vu ce film au cinéma, on était 7 dans la salle au début et 2 à la fin!!! Sachant que le film dure 1 heure environ, c’est vous dire si c’est mauvais. L’histoire n’a aucun intérêt, Augustin ressemble au Forrest Gump du pauvre, autant Forrest Gump est un des plus grands chefs d’œuvre des années 90 autant Augustin est une hérésie du septième art. »

Personnellement, si je me garderai bien de donner mon avis sur Forrest Gump, j’adopterais en revanche volontiers cette formule qui convient parfaitement au film : Augustin est, en effet, une hérésie du septième art, et c’est pour ça que je l’aime.

***

Augustin et même Augustin roi du kung fu font partie de ces films qui encombrent les bacs des dépôts-vente et les discount en ligne. On s’en tire facilement à 2 euros maximum.

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